Au hasard des balades

lundi 10 août 2015

Square Violet, Place Violet, Rue Violet

Le square Violet côté rue de l'église
Le square Violet (anciennement square de Grenelle), d’une superficie de 9 550 m², est situé entre la rue de l’église et la place Violet (n°4). Il a été été crée en 1876.
L'entrée côté place Violet

A la place du square se dressait déjà autrefois un parc, celui de l’hôtel particulier Violet, dont on peut encore apercevoir les bâtiments à l’intérieur de la caserne des pompiers située 6 place Violet.


La propriété avait été bâtie pour Léonard Violet et son épouse Marie-Anne Fondanèche. Le square Violet en occupe l’emplacement depuis 1874. La façade sur jardin n’a subi aucun changement.

Dessin de Gendre - musée Carnavalet

Le jardin porte le nom de Léonard Violet (1791-1881).

Qui était Léonard Violet ?

Je cite :

"Jean-Léonard Violet (1791-1881) était un élu local et promoteur immobilier parisien.

Il avait trente-trois ans quand, le 15 mai 1824, avec son ami Alphonse Letellier, il acheta à César Ginoux la plus grande partie de ce qui restait de la plaine de Grenelle.

Il avait déjà à son actif deux opérations immobilières, dont le lotissement d’un terrain situé faubourg Poissonnière, où il avait tracé une première rue à laquelle il avait donné son nom et qui est aujourd’hui la rue Gabriel Laumain (Xème arrondissement).

Cela se passait sous la Restauration, à une époque où le gouvernement, faute de moyens financiers, encourageait les initiatives privées dans le domaine de l’urbanisme.

À Grenelle il s’agissait un projet beaucoup plus ambitieux, qui consistait à créer de toutes pièces, sur 105 hectares, un vrai village à la fois résidentiel, commerçant et industriel.

Le terrain, qui était hors des murs de Paris et dépendait à la commune de Vaugirard, fut découpé, par un réseau orthogonal de rues,  en 250  parcelles d'un arpent (un tiers d’hectare), qui furent aussitôt mises en vente. Parmi les acheteurs, on note le maire de Vaugirard, Antoine Fondary, avec qui Violet aura d’excellentes relations, et deux banquiers, Louis Perrée et Anselme Guillot.

Nommé "Beaugrenelle " par ses fondateurs, puis rebaptisé plus modestement par la suite de son nom d'origine "Grenelle", le lotissement Violet, se construisit entre la Seine et la rue de la Croix-Nivert, et au nord jusqu'à l’enceinte des Fermiers généraux.

Violet se fera construire une belle maison, englobée aujourd’hui dans la caserne de sapeurs-pompiers.

Autour de l’axe central de la rue du Commerce et d’une nouvelle place, Violet fait tracer un parcellaire unique en son genre de rues en damier, le plus vaste de tout Paris.

Les façades des maisons et des immeubles sont ornées de motifs sculptés, de bandeaux et de corniches répondent aux goûts de la moyenne bourgeoisie que l’on souhaite alors attirer dans ce nouveau quartier.

Il a laissé son nom à la rue Violet, formée en 1824.


La rue Violet comportait de nombreuses belles maisons: notamment celle de Letellier (au n° 62), et celle d’Anselme Payen, chimiste et important manufacturier (au n°77), à l’angle sur la photo, à droite.

La rue Violet en 1906
Elle fut remplacée à la fin des années 1970 par un immeuble moderne ayant vocation de maison de retraite, ouverte à l’origine par la fille d’Anselme Payen.


Violet décidera ensuite la construction de l’église Saint-Jean Baptiste en 1825, du pont de Grenelle en 1826, l’aménagement d’un port sur la Seine pour le trafic par voie d’eau et d’une gare fluviale destinée à entreposer les marchandises, ainsi que la réalisation du théâtre de Grenelle en 1829.


L'église Saint-Jean Baptiste de Grenelle
Hier et aujourd'hui 

(Place Etieñe Pernet)

Rattaché à Paris par l’enceinte de Thiers à partir de 1844, le lotissement Violet, après une croissance rapide, doit cependant faire face à la concurrence des grands boulevards et des nouveaux quartiers du 16e arrondissement.

Mais ces aménagements vont entraîner une détérioration des relations entre Violet et les conseillers municipaux de Vaugirard, au point qu’une séparation allait devenir inévitable. Ce sera chose faite par ordonnance du 22 octobre 1830.

Pour mettre un terme au conflit soulevé à propos de la future délimitation des deux communes, il faudra que le Conseil d’État décide lui-même d’un tracé complexe, qui englobera le théâtre dans Grenelle mais laissera à Vaugirard son cimetière.

Jean Léonard ne sera pas maire de la nouvelle commune. Depuis deux ans, soit pour des raisons financières, soit à la suite du décès  de sa première épouse, Marie-Anne Fondanèche, il s’était effacé, au profit des deux banquiers.

D’ailleurs, le nouveau Grenelle était devenu très différent du projet initial, du fait de la crise économique et de l’arrivée massive de nouveaux habitants pauvres. Mais il restera conseiller municipal jusqu'à l’annexion de 1860.

Il mourra trente ans plus tard, veuf pour la troisième fois, dans une petite maison au n° 12 de la rue Violet."

Sources : Wikipédia et
http://www.paris15histoire.com/violet.htm


Les Petites Soeurs de l'Assomption 

Il y a au 55 rue Violet un bâtiment qui m'a toujours intriguée. Eh oui, c'est un couvent.

En haut de la rue Violet
La congrégation des Petites sœurs de l'Assomption

"Au XIXème siècle, dans une France en pleine industrialisation, Les Petites sœurs de l'Assomption sont fondées en 1865 par le père Etienne PERNET, Assomptionnniste,  et Mère Marie de Jésus FAGE.

L'afflux de population ouvrière d'origine rurale, dans les grandes villes, augmente la misère et la pauvreté. La congrégation religieuse eut alors une mission particulière après des pauvres, des ouvriers et de leurs familles, notamment par des soins gratuits auprès des malades à domicile.

Aujourd'hui encore les Petites sœurs de l'Assomption travaillent auprès des plus démunis, notamment comme assistante sociale, infirmière, aide à domicile."


Le Square Violet aujourd'hui 
Dans un Paris vide du mois d'Août




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