Au hasard des balades

dimanche 18 septembre 2016

Eglise protestante de la Résurrection (1866)

6 rue Quinault, 75015 Paris.


Je passe par la rue Quinault très très souvent. Elle donne dans la rue Mademoiselle.


Cette rue, qui s'appelait autrefois l'avenue du Théâtre (en référence au théâtre de Grenelle) reçut en 1864 le nom de l'auteur dramatique Philippe Quinault (1635-1688). 




Il y a là un énorme bâtiment, très moche, très noir, il a besoin d'une grande restauration.... une école et au n° 6, une église. 




Mais c'est une église protestante, ou luthérienne. Elle est le plus souvent fermée, et quand parfois quand je l'ai vue ouverte, je n'ai pas osé y pénétrer.

Et aujourd'hui, c'est "Journée du Patrimoine". Je vais aiguiser ma curiosité.


Quand je rentre je vois ceci d'inscrit sur la porte. Eglise évangélique... méfiante...



Il n'y a que deux personnes d'assises. Mais tout de suite un comité d'accueil vient vers moi pour me demander si je suis du quartier... et me remet une note d'explication historique, ce qui m'a bien servi pour rédiger cet article, car je n'ai rien trouvé sur le web, même sur le site de l'église.



L'Histoire

En 1847, le pasteur Hosmann regroupées familles luthériennes de la commune de Vaugirard et du village de Grenelle pour créer une paroisse. 

Ce quartier, qui est encore en dehors de Paris, s'est peuplé d'artisans et d'ouvriers modestes dont une partie venant d'Alsace.

Le pasteur Auguste Mettetal qui lui succède en 1855, organise une campagne de dons à Paris, Montbéliard et en Alsace, ce qui lui permet d'inaugurer le 13 juillet 1856, au 6 rue de la Croix Nivert. dans un hangar aménagé, un oratoire, pouvant contenir 180 personnes.

La même année, le pasteur ouvre une école de garçons, puis en 1858 une école de filles.

En 1860, il acquiert le terrain actuel, rue Quinauds, de 936 m², qu'il cède ensuite à la ville de Paris en échange de la construction des écoles et d'une église.

La construction

Eugène Godebeeuf est chargé par la ville de Paris de l'édification.

A l'époque, Paris est dirigée par le préfet de la Seine, le Baron Haussmann, qui opère une révolution urbaine dans Paris avec l'aide de son architecte en chef Victor Baltard. Tous deux sont protestants et favorisent la construction d'églises et d'écoles protestantes à Paris.

Haussmann vient d'agglomérer le village de Grenelle et la commune de Vaugirard pour en faire le 15 ème arrondissement.

L'architecte fait ainsi construire au centre du bâtiment, l'église, avec ses tribunes au premier étage et ses grandes portes repliables au rez-de-chaussée, pour communiquer avec les deux écoles adjacentes : une pour les filles et l'autre pour les garçons. Grâce à ces portes repliables, il est possible de doubler la capacité de l'église. Des cours arborées permettent la récréation des élèves et les activités de l'église le week-end.



Le 7 janvier 1866 l'église est inaugurée en présence de Victor Baltard, délégué par le préfet Haussman. le président du consistoire, le Pasteur Louis Meyer, consacre l'église depuis l'autel, puis le pasteur Mettetal inaugure la chaire en prêchant sur les Actes des Apôtres au chapitre 2: "ils persévéraient dans la doctrine des Apôtres".



L'église

D'un style néo-roman très simple et un peu massif, la haute façade de l'église est épaulée par deux ailes plus basses. Le tympan du portail est orné d'une Bible ouverte, posée sur une palme et surmontée d'une étoile sur laquelle est gravée "La Sainte Bible" et "La Parole de Dieu demeure éternellement."


L'étage est percé d'une triple baie, inscrite sous un arc, le pignon couronné d'un campanile plat équipé d'une cloche.


Un tambour en bois donne accès à la haute nef rectangulaire à pans coupés côté choeur et voute lambrissée.

Les volets en accordéon qui permettaient de dégager complètement arcades et tribunes latérales, et d'agrandir l'espace les jours d'affluence, ont été conservés mais fermés.



A droite, une grande salle dotée d'une scène est soutenue par quatre colonnettes en fer analogues à celles utilisées par Baltard.

La tribune reposant sur trois arcades en plein cintre accueille l'orgue d'Aristide Cavaillé-Coll (1866) qui est conservé pratiquement dans son état d'origine.Son buffet est surmonté d'une grosse pendule d'époque.


A l'étage, les fenêtres cintrées à vitaux losanges bicolores et bordure verte apportent une lumière abondante.

La chaire qui occupait à l'origine l'arcade centrale a été déplacée en 1915 à la demande du pasteur Bach "afin de faciliter le passage devant l'autel" découvrant un mur aveugle.

Une fenêtre axiale a ensuite été percée et garnie d'un vitrail composé de grandes plaques de verre bicolores dessinant une croix.


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